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BILLET DU MOIS

Can we make our planet great again ?

Fin août, j’ai participé à la 5° édition de l’université d’été d’E5T, fondation spécialisée sur la transition énergétique. Pour ceux qui n’auraient pas entendu mi-juin le discours de notre tout neuf Président Macron (qui taclait son homologue américain démissionnaire des Accords de Paris de la COP21), la transition énergétique consiste en une modification structurelle profonde des modes de production et de consommation de l'énergie. En gros, c’est passer des énergies fossiles aux énergies renouvelables, parce qu’il y a urgence. Le 2 août dernier en effet, nous avions épuisé les ressources annuelles de notre planète. En 2016, c’était le 17 août ; en bref, cela ne s’arrange pas et l’effet de serre grandissant ne fait pas aller les choses dans le bon sens. Alors, faut-il désespérer de la nature humaine qui tarde à inverser la tendance et attendre que le réchauffement climatique nous engloutisse tous ?

Réchauffement climatique : l’humanité n’a pas encore dit son dernier mot !

Eh bien non, pas encore comme nous allons le voir. Pour éviter le pire, nous devons prendre conscience qu’il faut changer nos comportements. Et d’ailleurs, nombre d’experts disent qu’il nous reste encore 30 ans pour ce faire ; mais comment s’y mettre ? Pour le béotien que je suis, il est facile de céder aux sirènes des Cassandre, que ce soit celles des climato-sceptiques qui affirment haut et fort qu’il ne faut rien faire – ou plutôt continuer de faire comme avant – parce que le réchauffement n’est pas la seule faute de l’homme, ou celles des écologistes radicaux qui disent qu’il faut tout changer jusqu’à éradiquer la race humaine pour sauver la planète. Diantre !... A quel saint se vouer ?

Aux citoyens de la société civile qui ont déjà décidé de s’y mettre et qui montrent l’exemple. Et ils sont légions. J’ai pu assister aux témoignages de jeunes dirigeants de start-ups, à peine trentenaires, plein d’idées novatrices pour changer la donne : faire économiser les ressources sans enrayer le progrès, trouver des alternatives pour faire mieux avec moins. La place manque pour lister ces projets innovants qui concernent les énergies renouvelables, les transports, l’agro-agriculture, l’habitat… (pour en savoir plus : www.e5t.fr) Force est de constater que l’humanité n’a pas encore dit son dernier mot et qu’elle fait montre d’innovation, et c’est rassurant pour l’homme de la rue que je suis, malgré les signaux forts que nous renvoie la planète sur ses dysfonctionnements dont souffrent de plus en plus les populations, y compris les américains qui se croient les plus forts toujours et encore. Et pourtant.

« L’homme, ce roseau pensant »

« Je voudrais placer cette université d’été sous le signe de la vulnérabilité et du courage ». C’est par ces mots que la Présidente de la fondation E5T, Myriam Maestroni, a introduit les deux journées de conférences. Vulnérables nous le sommes, fétus de paille bien légers face aux ouragans déchaînés qui inondaient le Texas et l’Asie du Sud-Est en tuant des dizaines de personnes durant ces deux journées. Cette introduction m’a rappelé mes études de philo quand nous étudions Pascal qui dès son 17° siècle avait eu l’intuition de cette vulnérabilité face aux éléments naturels avec sa formule célèbre : « l’homme, ce roseau pensant ». Rappelons ce que Pascal en dit dans ses Pensées : « Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser : une vapeur, une goutte d’eau suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien ».

La vulnérabilité de se croire fort, la force de se savoir vulnérable : on pourrait ainsi synthétiser cette pensée pascalienne – et les enjeux des trente prochaines années.  La vulnérabilité de se croire fort, c’est refuser d’écouter les signaux faibles – de plus en plus forts ces derniers temps – que nous renvoie la planète sur l’impact de l’anthropocène, nouvelle ère géologique traduisant l’impact de l’empreinte de l’homme sur l’environnement. C’est refuser de changer en rien nos comportements, que ce soit ceux du quotidien des citoyens que des nations. Si l’on continue comme cela, nous en viendrons à nous battre non plus pour des idées mais tout simplement pour boire ou respirer. Ne vaut-il mieux pas commencer le combat dès maintenant en changeant notre vision du monde –  qui détermine nos valeurs qui déterminent nos agissements ? Et c’est là qu’il va nous falloir du courage, le courage de s’y mettre, voyons comment.

La force de se savoir vulnérable

La force de se savoir vulnérable, disait-on plus haut. Comment acquérir cette certitude et en faire un levier pour l'action ? Paradoxalement, cela ne commence pas par s’éparpiller vers l’extérieur au travers d’actions irréfléchies. Cela commence par un travail intérieur, le travail sur soi, comme nous y invite Socrate depuis 2500 ans avec sa célèbre formule, “connais-toi toi-même“. Pour ce faire, il faut d’abord découvrir en quoi et pour quoi nous sommes vulnérables, faillibles dans notre singularité personnelle, au-delà des universaux de la condition humaine cernés par Pascal. Je suis faillible quand j’ai la flemme de faire du tri sélectif, d’adhérer à l’AMAP de mon quartier ou de prendre le bus ou mon vélo plutôt que ma voiture... Cette flemme ne concerne que moi et ma volonté de m’y mettre et c’est sur cela que je dois réfléchir. Se savoir faillible, ce n’est pas se culpabiliser ou se dénigrer ; c’est connaître ses faiblesses, c’est les apprivoiser et c’est donc s’exercer pour les contenir voire les diminuer, à la manière d’un sportif qui veut améliorer tel geste ou telle cadence. Mais à l’inverse du sportif, le travail sur soi ne commence pas par le physique mais par le mental.

Travailler son mental pour se convertir

Travailler son mental c’est d’abord faire, comme nous y invite Nietzsche, la généalogie des valeurs auxquelles on adhère. Les valeurs résultant d’une vision du monde partagée, elles conditionnent nos attitudes et nos comportements. Ainsi, la croyance en un progrès continu, qui s’est installée en Occident depuis le siècle des Lumières – et qui laisse croire que l’on peut se servir infiniment dans les ressources de la planète – montre toutes ses limites, à peine deux siècles après. Refuser de considérer cette croyance à l’aune des recherches scientifiques qui ne se fondent ni sur des croyances ni sur des votes, aussi démocratiques soient-ils – c’est faire preuve d’inconscience voire d’irrationalité.

Changer ses croyances, c’est, littéralement, se convertir. Se convertir c’est, étymologiquement, se tourner avec d’autres vers des croyances, des croyances plus adaptées à la nouvelle donne de l’environnement. Il faut en effet du courage pour cela car croire en d’autres valeurs que celles de son groupe d’appartenance d’origine est risqué :  on risque le rejet, l’exclusion. Heureusement, il est possible de s’identifier à d’autres groupes, le dossier du mois (pour en savoir plus cliquer ici) en montre les enjeux avec l’exemple des créatifs culturels, catégorie socioculturelle très en pointe sur les aspects des valeurs et actions environnementales.

"Yes we can!"

Agir sur l’environnement ce n’est pas qu’une affaire d’experts techniques c’est aussi la responsabilité de chaque citoyen, celle d’agir sur soi, par soi et en soi, grâce au travail intérieur. La raison peut maîtriser les passions, il suffit de s’y mettre en s'exerçant comme un sportif, quelques minutes tous les matins ou tous les soirs, par une méditation appropriée sur nos vulnérabilités et nos forces ainsi que sur les applications concrètes réalistes qui peuvent en découler dans nos gestes du quotidien. C'est en ce sens qu’œuvrer pour la planète est à la portée de chacun: les petits ruisseaux feront ainsi les grandes rivières qui feront évoluer nos attitudes et comportements inadéquats.

Gageons que les drames qui frappent les Nord-américains les feront réfléchir et les pousseront à infléchir la posture de leur Président quant à sa politique environnementale. C'est à nos croyances et représentations de s'insérer dans le réel, pas le contraire. Terminons par une note d’espoir et même, osons le mot, d’espérance enthousiaste : « Could we make our planet great again ? » - « Yes we can ! ».

Pierre-Eric SUTTER

DOSSIER DU MOIS

Les valeurs, moteur de la transition énergétique

Les élections présidentielles ont des conséquences fortes sur les politiques relatives à la transition énergétique. La résurgence du climato-scepticisme incarnée depuis bientôt un an par Donald Trump aux USA ébranle le nouvel ordre climatique mondial tel que voulu par les Accords de Paris à l’issue de la COP21. Ce climato-scepticisme s’affirme alors que des bouleversements environnementaux frappent les populations un peu partout dans le monde, y compris aux USA. Qu’est-ce qui pousse certains citoyens à voter pour des programmes politiques prônant le climato-scepticisme ? Qu’est-ce qui en pousse d’autres a contrario à s’investir par leurs gestes quotidiens sur la problématique de la transition énergétique ?

Climato-sceptiques vs. créatifs culturels

Répondre à ces questions c’est comprendre la motivation des catégories de citoyens ; comprendre leur motivation c’est comprendre les ressorts qui les font agir ; comprendre les ressorts qui les font agir c’est, pour les promoteurs de la transition énergétique – personnel politique, institutions, ou acteurs de la société civile – identifier les leviers d’action les plus à même de traiter les enjeux pour l’environnement, avec les citoyens et non malgré eux, au plus près des territoires.

L’angle d’attaque de l’analyse proposée ci-après est celui des valeurs sociales, plus particulièrement celles des “créatifs culturels“, catégorie socioculturelle découverte dès 1999 par une étude psychosociologique américaine d’envergure, catégorie inscrite dans un nouveau courant de pensée, le transmodernisme. Les créatifs culturels sont intéressants à considérer car ce sont des citoyens plus moteurs que d’autres dans la mise en œuvre de la transition énergétique, de par les valeurs dont ils sont porteurs.

Pourquoi utiliser l’angle d’attaque des valeurs sociales ? Parce que comme le disait Kant, une valeur est un impératif catégorique qui détermine une éthique personnelle ou une morale sociale guidant nos attitudes et agissements, notamment l’utilisation de tel ou tel bulletin de vote. Voici quatre exemples d’impératifs catégoriques : « Il ne faut pas voler, il faut aider les autres, il faut maximiser les profits, il faut protéger l’environnement ».

Comme l’ont montré les psychosociologues après Kant, les valeurs sociales fédèrent les groupes humains selon des croyances et une vision du monde spécifiques ; nous sommes prêts à nous battre voire à mourir pour nos valeurs, quitte à nous opposer à d’autres groupes fédérés autour d’autres valeurs :  on passe ainsi du conflit de valeurs au conflit tout court ; les mouvements zadistes qui militent pour l’environnement et contre la mondialisation libérale l’illustrent à leur manière.

Comprendre le logiciel qui structure le panier de valeurs d’un groupe social, qu’il soit celui d’activistes, de salariés ou de citoyens, c’est comprendre comment ils vont agir et réagir ; c’est prévenir les éventuels conflits et blocages ; c’est faciliter la mise en œuvre de politiques de transition énergétique au niveau d’une commune, d’une entreprise ou d’une nation en associant les acteurs.

Les fondements du transmodernisme

Le transmodernisme, à l’instar des créatifs culturels, est un courant de pensée qui émerge depuis peu, vers la fin du 20° siècle bien, que les idées qui l’étayent soient plus anciennes. Le panier de valeurs des transmodernistes est en effet alimenté par deux autres paniers de valeurs : celui des modernistes d’une part et celui des post-modernistes d’autre part. Voyons la vision du monde et les croyances qui fondent les paniers de valeurs de ces deux courants avant d’aborder celui des transmodernistes.

Les modernistes sont les héritiers directs des penseurs du siècle des Lumières. Ces penseurs ont changé les paradigmes qui régissaient jusque-là les rapports de l’homme et son environnement. En effet depuis la Grèce antique, l’homme devait s’harmoniser avec le cosmos qui l’entourait. Il subissait les aléas naturels sans toujours les comprendre, donnant prise aux superstitions.

Au 18° siècle, les paradigmes des conditions de la connaissance sont renversés : l’homme est placé au centre, non plus la nature. En posant les fondements d’une épistémologie causale, les savants des Lumières décortiquent les phénomènes naturels et jettent ainsi les bases de la science moderne. L’homme peut agir sur la nature et ne plus la subir. L’idée du progrès continu est instaurée : l’homme peut puiser sans vergogne dans les ressources de la planète… jusqu’à ce que la crise pétrolière des années 1970 et la fin des Trente Glorieuses enrayent cette dynamique.

Les post-modernistes quant à eux dénoncent les excès du progrès en s’y opposant, parfois très tôt comme le philosophe Thorau au début du 19° siècle. Ce courant connaît son apogée durant mai-68. C’est à cette époque que l’écologie politique s’impose, appelant à une profonde transformation du modèle économique et social ainsi qu'à une remise à plat des relations entre l'homme et son environnement. Mais dans sa dénonciation des excès du progrès, le post-modernisme devient à son tour excessif quand certains de ses penseurs les plus radicaux rejettent l’idée même de progrès, allant jusqu’à avancer l’idée d’éradiquer l’humanité pour préserver la planète…

Ainsi, le transmodernisme est un courant d’idées qui fait du neuf avec de l’ancien. Il puise simultanément dans les courants du modernisme et du post-modernisme, de fait il ne s’oppose ni à l’un ni à l’autre. Comme nous allons le voir plus bas, le transmodernisme est une mouvance composite associant des valeurs en apparence contradictoires auxquels s’apparentent les créatifs culturels. Voyons d’abord quelles sont les caractéristiques des créatifs culturels et l’étude qui les a révélés.

Les créatifs culturels, des transmodernistes qui s’ignorent…

Les créatifs culturels (appelés également créateurs de culture) constituent un groupe socioculturel qui émerge à la toute fin du 20° siècle. Ils sont appelés ainsi par les chercheurs qui les ont révélés car ils seraient en train d’inventer une nouvelle culture pour le 21° siècle, à la pointe du changement social et environnemental. Les créatifs culturels ont été découverts par deux chercheurs américains, le sociologue Paul RAY et la psychologue Sherry ANDERSON, au travers d’une enquête réalisée auprès de 100.000 personnes durant une quinzaine d’années, d’abord aux USA puis en Europe et au Japon. Les créatifs-culturels constituent aujourd’hui environ 35% des populations occidentales alors qu’ils n’étaient que 4% en 1999.

Une des caractéristiques surprenantes des créatifs culturels c’est qu’ils s’ignorent comme tels et qu’ils ne s’estiment pas représentés politiquement. En effet, les modernistes puisent dans le réservoir de valeurs des conservateurs, ils sont représentés par les partis de droite tandis que les post-modernistes puisent dans le réservoir des valeurs progressistes et sont représentés par les Démocrates aux USA et les partis de la gauche socio-démocrate en Europe.

Face au bipartisme qui rythme la vie politique en Occident, les transmodernistes ne trouvent pas – ou peu – de plateforme politique correspondant à leurs attentes axiologiques. En effet, du fait qu’ils puisent dans les deux réservoirs de valeurs moderniste et post-moderniste, ils ne s’identifient ni aux partis modernistes ni aux partis post-modernistes. Illustrons cette problématique par un exemple : les transmodernistes sont férus de développement durable ce qui est une posture progressiste sans pour autant renier le progrès technologique, ce qui est une posture conservatrice. Ils sont ainsi à la fois modernistes ET post-modernistes, mais très peu de partis politiques traditionnels se risquent encore à établir cette synthèse, bien que des signaux faibles tout à fait récents montrent que les choses changent dans le paysage politique européen, comme nous allons le voir infra. Avant d’aborder ce point, considérons plus en détail le système de valeurs qui caractérise les créatifs culturels.

Axiologie des créatifs culturels

L’architecture du panier de valeurs des créatifs culturels s’organise autour de 4 pôles :
  • 1° pôle : Le respect de la nature et l’intégration des valeurs écologiques ainsi que du développement durable, pour un progrès plus responsable ;
  • 2° pôle : La solidarité et l’ouverture aux valeurs de l’“Autre“ plutôt qu’à celles du “Même“ (valorisation des valeurs féminines et minoritaires, mais aussi des cultures traditionnelles que l’on retrouve dans la promotion du commerce équitable).
  • 3° pôle : Une forte implication sociétale combinée à une méfiance importante envers les experts du “système“ : les hommes politiques, les journalistes, les patrons des big corp., les mandarins de la médecine officielle…
  • 4° pôle : Une appétence pour le développement personnel et spirituel visant à donner du sens à leur vie et ainsi à se départir des valeurs consuméristes, dogmatiques ou intégristes.

Le retour de la morale, mais laquelle ?

Certains philosophes comme Comte-Sponville se sont demandés si le capitalisme pouvait être moral. Ils répondent qu’il est amoral dans le sens où pour eux, la morale est intrinsèquement étrangère à l’ordre économique. Cette approche révèle une forme de nihilisme axiologique, et comme la nature a horreur du vide, cela pourrait expliquer pourquoi l’ère de disruption dans laquelle nous sommes entrés semble hésiter entre deux voies : la tentation réactionnaire d’un retour aux bonnes vieilles morales, qu’elle soit conservatrice ou progressiste d’une part, d’autre part des tentatives éthiques composites, concrètes et novatrices, susceptibles de provoquer un bouleversement sociétal.

La tentation du retour à la morale moderniste consiste à subsumer le libéralisme pour revenir vers un capitaliste premier, débarrassé du contrat social, insouciant quant à l’environnement, tandis que la tentation du retour à la morale post-moderniste se concentre sur une opposition frontale au capitalisme, alliée à une exacerbation écologiste qui frise parfois au totalitarisme (cf. les oukases non concertés de la Ville de Paris en matière de circulation automobile qui rejaillissent sur les communes environnantes). Le citoyen transmoderniste se conforme quant à lui à un ethos, i.e. un mode d’être en harmonie avec le monde qui l’entoure et ses valeurs environnementales qu’il actualise concrètement dans des gestes quotidiens jusque-là inédits, qui prouvent son investissement : achat de produits bio dans un AMAP, tri sélectif, acquisition d’un véhicule hybride, transformation du logement aux normes HQE...

L’émergence du transmodernisme marque-t-il un retour à la morale, mais une “morale éthique“, i.e. une morale collective fondée sur l’ethos individuel des créatifs culturels, pouvant avoir un impact sur le capitalisme et son amoralité – sans parler de l’écologisme moraliste ? Certains signaux forts en attestent : quel constructeur automobile pourrait se targuer de bafouer les valeurs environnementales de ses clients ? Les entreprises capitalistes n’ont peut-être pas de morale mais leurs clients ont une éthique qui peut peser sur leurs ventes ; il en est de même pour les citoyens et le résultat des élections.

Négliger l’électorat transmoderniste, c’est se couper d’un tiers des citoyens !

On ne peut plus estimer le transmodernisme comme quantité négligeable. En effet, quand les créatifs culturels n’étaient que 4% à la fin du 20° siècle, ils ne pesaient pas beaucoup ; maintenant qu’ils sont 35% ils ont le pouvoir d’attirer, politiquement parlant, les indécis du modernisme ou les déçus du post-modernisme. Avec l’affirmation de la tendance transmoderniste, le 21° siècle pourrait favoriser en Occident une multipolarité axiologique qui laisse augurer une sortie du bipartisme binaire, l’élection de Van der Bellen en Autriche et celle de Macron en France en sont sans doute les premiers signes.

En tant que leader d’opinion, les créatifs culturels entrainent de nouvelles formes de « metanoïa », au sens où l’entendaient Pierre Hadot et Michel Foucault, i.e. des états modifiés et durables de conscience quant aux problématiques environnementales. Cette métanoïa entraine d’une part plus d’authenticité et de sens existentiel pour les citoyens et d’autre part des agissements durables pour la société et l’environnement, montrant par-là que la transition énergétique est en marche, lentement mais surement, au niveau le plus discret mais le plus important, celui de chaque citoyen, dans les micro-gestes du quotidien, pour un tiers d’entre eux : les petits ruisseaux ne font-ils pas les grandes rivières ? Même si cette marche silencieuse ne fait pas les gros titres des JT – qui préfèrent parler des catastrophes écologiques, bien plus tape-à-l’œil –, les politiques qui n’intégreraient pas cette dimension dans leur programme pourraient en pâtir à l’avenir lors des prochaines élections.

Le numérique et la culture du “DIY“ (do it yourself) favorisent une réappropriation grandissante par les citoyens des moyens de production et un retour à “l’autarcie“ chère à Aristote. Cela revalorise une économie plus fondée sur l’artisanat que sur le seul capitalisme. Le documentaire “Demain“ – et bien d’autres – montrent que cette autarcie citoyenne peut être alimentaire, énergétique, économique, politique et même monétaire… C’est un signe d’espoir pour notre planète et pour l’humanité !...

Pierre-Eric SUTTER

 

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